Prévention et gestion des problèmes d'alcool, de tabac et d'autres drogues en milieu de travail
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Géraldine De Ruyter
     
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Consommation problématique d’alcool et des autres drogues en entreprise...du neuf depuis le 1er avril 2009
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Par Géraldine De Ruyter, Directrice de Santé et Entreprise.

Ce 1er avril 2009 est entrée en vigueur une nouvelle Convention Collective de Travail (CCT), relative à la prévention de l’alcool et des autres drogues au sein de l’entreprise. L’obligation est maintenant donnée aux employeurs du secteur privé d’élaborer une politique préventive, et ce pour le premier avril 2010. Dans le futur, cette obligation devrait imputer également au secteur public.

 

Concrètement, dans une première phase (obligatoire), l’employeur fait part dans une déclaration d’intention, des principes de base et des objectifs de la prévention qu’il compte instaurer dans son entreprise. Dans une seconde phase facultative, mais que nous jugeons essentielle à une politique optimale, l’employeur établit des règles claires comme la disponibilité (ou non) d’alcool au travail et détermine les procédures qui doivent être suivies en cas de constatation d’ivresse ou d’alcoolisme chronique. L’idéal serait donc que les travailleurs reçoivent l’information et les formations nécessaires à la mise en place d’une telle politique et que les obligations de la ligne hiérarchique soient clarifiées, ainsi que les rôles des conseillers en prévention, des collègues, des médecins du travail…

Mentionnons que la VAD (Vereniging voor Alcohol en andere drugproblemen), notre partenaire dans l’implémentation de politique dans des entreprises bilingues, a activement collaboré à 1 L’éditorial n’engage que la responsabilité de son auteur. l’élaboration de cette CCT. Notons aussi que les Fedito wallonne et bruxelloise ont également été associées à ce projet.

On peut donc voir ressortir en filigrane, dans le texte de cette CCT, la philosophie et la méthode de travail que notre asbl prône depuis plus de 12 ans. Et précurseur en la matière, nous ne pouvons que nous réjouir, car la consommation problématique dans la sphère professionnelle, bien que connue de tous, reste souvent un tabou et le flou juridique n’était pas fait pour améliorer une situation souvent délicate. Une politique en matière d’alcool et d’autres drogues n’est pas un luxe Bien que la plupart des personnes actives professionnellement n’a pas une consommation d’alcool ou de cannabis problématique (drogue la plus répandue dans le monde du travail), les conséquences d’une consommation mal gérée en milieu professionnel ne doivent pas être sous-estimées. A côté de conséquences purement économiques pour l’entreprise comme le coût de l’absentéisme, des retards, de la moindre productivité, d’une entrave dans l’image de marque… pointons toutes une série d’autres effets engendrés par des abus chroniques ou ponctuels. Ces abus dans la sphère professionnelle peuvent augmenter le risque d’accidents, produire de l’agressivité et des comportements abusifs (harcèlement moral et sexuel), désorganiser le travail et donc provoquer du stress… on comprend dès lors que la problématique de l’alcool au travail est l’affaire de tous: le consommateur, les collègues, le responsable hiérarchique…

Donc implanter une réglementation en entreprise et un plan de prévention n’est pas synonyme d’une chasse aux sorcières ou d’une croisade vers la tolérance zéro. Une telle démarche a pour principal objectif de réduire les risques et d’éviter aux travailleurs d’en arriver à une sanction ultime. En effet, en l’absence de procédures clairement définies, un supérieur hiérarchique ne sait que faire, ni comment aborder un travailleur présumé sous influence d’une substance psychotrope.

Les chefs doivent donc être formés pour aborder ces travailleurs en dehors de tout jugement moral. Et, parallèlement à une règle de base de la CCT, nous avons toujours prôné d’intervenir par rapport à des manquements professionnels, à savoir par rapport à des faits objectifs (l’aptitude et l’attitude au travail) et non par rapport à une suspicion d’alcoolisme. Cette approche a pour avantage d’être objective et correcte car les abus de consommation sont traités comme tous les autres problèmes de fonctionnement. S’adressant à tous les travailleurs de l’entreprise, la CCT a aussi comme avantage d’éviter la stigmatisation et de conscientiser et d’informer tout le monde.

Il nous semble qu’une façon d’aider un travailleur alcoolique … est de briser la conspiration du silence (phénomène de co alcoolisme) et de le responsabiliser en le confrontant à ses manquements professionnels et aux conséquences négatives qui pourraient découler de sa consommation au travail. Une conscientisation peut se produire et devenir porteuse de changements…

Espérons que cette CCT motivera la levée des tabous et l’évolution des mentalités et des pratiques axées vers l’aide et le bon sens !


 
 

Article paru dans Brèves de Comptoir, etc... n°52,mai 2009

 

 
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